En février 2019, l’Académie nationale de médecine avertissait que l’artémisinine est recommandée pour traiter le paludisme en association avec d’autres médicaments à l’action plus prolongée selon des “combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine”, ou CTA.

L’utilisation de cette plante seule, en poudre ou en tisane, n’a aucune garantie d’efficacité et risque d’aggraver l’émergence de formes résistantes de la maladie, expliqua-t-elle.

Utilisée depuis des siècles en médecine chinoise, Artemisia annua a été “redécouverte” pendant la guerre du Vietnam. Et ce n’est pas une inconnue de la science moderne.

En 2015, Youyou Tu, es devenue le premier prix Nobel de médecine chinois pour avoir démontré l’efficacité d’une substance extraite de la plante, l’artémisinine, dans les traitements antipaludéens.

“Afin de recevoir une dose équivalente à un comprimé ou à une capsule d’artémisinine à 500 mg, les patients devraient boire jusqu’à 5 litres de thé d’Artémisia annua par jour pendant au moins sept jours consécutifs”, précise l’OMS, une posologie peu faisable dans la réalité, où les patients prennent plutôt autour d’un litre quotidien de ce thé.

Artémisia Annua une espèce de la famille des Asteraceae (ou Composées), est une armoise annuelle qui peut atteindre plus de 3 m de haut en culture. Sa répartition naturelle s’étend à l’ensemble des zones tempérées chaudes. La plante est également présente dans certains pays des régions inter tropicales, en particulier au Vietnam.

“Toutes les plantes d’Artemisia annua ne contiennent pas nécessairement d’artémisinine et dans certains endroits, en fonction de la qualité du sol et des précipitations, la teneur peut être très faible Utilisée correctement en association avec d’autres antipaludiques, l’artémisinine a une efficacité de près de 95 % pour guérir le paludisme et elle rend très improbable le développement d’une résistance du parasite”

“La consommation d’Artemisia seule pendant 7 jours, par des litres de tisane de composition incertaine, expose les jeunes enfants impaludés à un risque élevé d’accès pernicieux”, une complication grave du paludisme qui se traduit par une atteinte du système nerveux pouvant mener au décès, s’alarme l’Académie.

Expériences

L’expérience de plusieurs hôpitaux à l’Est de la RD du Congo a révélé que sur des personnes-test ayant bu un litre d’infusion de feuilles d’Artémisia Annua pendant cinq jours, 91 % des malades n’avaient plus de parasites de paludisme dans le sang.

Les expériences du CIPCRE-CAMEROUN, sur la culture d’Artémisia annua, en mai 1998, le CIPCRE a reçu des semences de haute valeur de MEDIPLANT, centre de recherches des plantes médicinales et aromatiques, CH-1964 Conthey-Suisse.

Le CIPCRE a envoyé un échantillon de feuilles séchées au laboratoire de l’Institut Pharmaceutique de Tübingen en Allemagne avec le résultat de 0.98% de teneur en Artémisinine. Cette teneur peut être considérée comme assez bonne.

Le CIPCRE multiplie des plantes d’Artémisia annua par bouture, façon unique de garantir la continuité de la teneur en Artémisinine hors laboratoire. Des plants sont disponibles au prix de 500 FCFA par plant.

Par ailleurs, le CIPCRE vent aussi des sachets de 25 g de feuilles d’Artémisia annua séchées au prix de 1 000 FCFA l’unité, permettant un traitement par infusions de cinq jours contre le paludisme.  

« Des allégations fausses et dangereuses » : l’Agence française du médicament (ANSM) réagit aux nombreux messages sur internet et les réseaux sociaux vantant les vertus thérapeutiques ou préventives de produits à base de plantes contre le coronavirus.

Sont particulièrement visées les décoctions, gélules, tisanes contenant des feuilles séchées d’Artemisia annua ou armoise annuelle.