Au large des côtes du Sénégal, en face de Dakar, Gorée a été, du XVème au XIXème siècle, un centre important de commerce d’esclaves de la côte africaine.
Cette île, située à 3 km à l’est de Dakar, fut tour à tour sous domination portugaise, ensuite néerlandaise où elle prit le nom de “Goe-ree”, et puis anglaise qui délaissèrent l’île du fait de l’abolition de la Traite et enfin française.
Beaucoup d’intérêts ont plaidé en faveur de la sauvegarde de cet îlot historique. Ces intérêts perçus très tôt par les coloniaux français, ont entraîné certains textes de loi pour préserver ce site de la démolition et de la défiguration.
Son architecture est caractérisée par le contraste entre les sombres quartiers des esclaves et les élégantes maisons des marchands d’esclaves. L’île de Gorée reste encore aujourd’hui un symbole de l’exploitation humaine et un sanctuaire pour la réconciliation.
L’ histoire de l’île de Gorée n’est guère idyllique.
Découverte en 1444 par des marins portugais sous le commandement de Dinis Dias, l’île fut baptisée “Palma” mais elle est également nommée “Beseguiche” dans des documents d’époque, alors que les populations locales l’appelaient “Bir”.
La marine hollandaise s’en saisit en 1588 qui la rebaptisa ”Goe-ree” (bonne rade) d’où son nom de Gorée.
Le 1er novembre 1677, le vice-amiral d’Estrées s’en empara pour le compte du roi de France.
Le chevalier de Boufflers, gouverneur du Sénégal, qui n’aimait guère Saint-Louis du Sénégal transféra sa résidence à Gorée en 1785.
L’île fut par la suite occupée par les Anglais avant d’être restituée à la France en 1817.
L’île de Gorée présentait bien des avantages aux marins : mouillage sûr, proximité d’un continent avec lequel s’ouvraient de grandes possibilités de commerce et facilités de défense du lieu. Autant de raisons pour que les puissances européennes se la soient disputée.
Sa prospérité fut liée au commerce dont celui des esclaves qui fut un des fondements de l’organisation économique des colonies d’Amérique.
La traite des esclaves vers les Amériques s’étendit sur trois siècles sur les côtes africaines (Gambie, Sénégal, Bénin, Ghana…). Les centres concentrationnaires des esclaves africains en partance pour l’Amérique depuis l’actuel Sénégal furent Saint-Louis du Sénégal, Rufisque, Saly-Portudal, Ziguinchor, Karabane et, dans une bien moindre mesure, Gorée.
Sur l’île, l’ancienne demeure de la signare Anne Pépin, connue dans le monde entier sous le nom de Maison des Esclaves, est un lieu plus symbolique qu’historique.
En effet, les déportations depuis Gorée furent très minoritaires en comparaison des autres centres de la côte ouest africaine ou bien de la Côte des Esclaves (Bénin). Il est peu probable que les négriers aient utilisé cette porte pour embarquer les esclaves (les rochers empechent les chaloupes d’approcher). Cet embarquement se faisait dans l’anse puisque l’esclavage était pratiqué aux grands jours. Les négriers se servaient-ils de cette porte pour faire disparaître les cadavres ?
Néanmoins le nom de Gorée reste étroitement attaché à cette période tragique.
L’abolition de la traite au début du XIXe siècle puis de l’esclavage en 1848 sonnèrent le glas des espérances de l’ île.




