Le Ramadan

Le Ramadan

Le ramadan correspond au carême chez les catholiques, c’est un mois de pénitence et d’abstention pour les musulmans.

Durant tout le mois, chaque jour, on s’abstient de manger, de boire, de faire l’amour et toute chose répréhensible par l’Islam depuis l’aube jusqu’au crépuscule. Mais bien que ce jeûne soit un des cinq piliers de l’islam, malades, enfants et voyageurs en sont dispensés. Le musulman doit ralentir le rythme de vie et beaucoup prier pour implorer le pardon de Dieu. Dans les familles à revenus modestes, le repas de coupe (moment où l’on rompt le jeûne), se compose de dattes, de pain, de beurre, de café et de kenkiliba (infusion). 

Ramadan est travail : pendant la période de ramadan, les entreprise s’adaptent en supprimant la pause déjeuner, et en arrêtant le travail deux heurs plus tôt. Elles adoptent ce que l’on appelle “la journée continue”. Les travailleurs manuels employés dans le bâtiment, l’industrie, les transports, la pêche sont les plus exposés à la fatigue … surtout par de fortes températures ! Les employés dans les bureaux emportent un tapis pour effectuer leurs prières au sein de l’entreprise.

Au 29ème jour du mois de Ramadan, si le croissant lunaire apparaît, le lendemain sera la fête de Korité. Si le croissant n’apparaît pas alors on jeune un jour de plus.

Le jour de la Korité, tôt le matin on prépare du Lakh (un plat à base de millet) dans toutes les maisons pour le petit déjeuner.

Avant d’aller à la mosquée pour la prière, chaque père de famille doit sortir la ZAKAT (une aumône légal qui est le troisième des piliers de l’Islam) en espèce ou en nature proportionnellement aux membres de sa famille. Pour chaque membre de la famille il faut verser 2 kilos de riz, de maïs, de mil ou l’équivalent en espèces.

Vers 9 heures les hommes se regroupent à la mosquée pour la prière de korité dans les mêmes conditions que la prière de Tabaski. Seulement cette fois ci il n’y a pas de moutons à égorger après la prière.

Dans les familles chacun fait la fête selon ses moyens : moutons, chèvres, poulets, tout y passe.

L’après-midi les enfants bien habillés passent de maisons en maisons pour demander des étrennes.

Comme durant la Tabaski cette fois-ci encore les adultes vont de concessions à concessions demander pardon aux voisins et amis mais aussi pour formuler des prières pour le plus grand bonheur de tous. 

Korité est considéré comme la plus grande fête musulmane car le mois de Ramadan est le mois béni de l’Islam qui a vu la descente du saint Coran (Parole de Dieu) des cieux vers les hommes à travers le Prophète MOHAMMED.

Ont travaillé sur ce thème : Ibrahima Segname, Abdoulaye Thilly, Mamadou Lamine Sy, Abdou Makhadji, Alioune Ndiongue et Thierna Sow (élèves de la 5ème C du Lycée El Hadji Baaba Ndiongue de Podor/Sénégal) et leur professeur de S.V.T. Ibrahima Ndiaye

Interview de Moussa, 12 ans

“J’ai commencé le jeûne du Ramadan il y a quelques jours, le mercredi 5 octobre.”

Est-ce difficile pour toi ?

“Non le ramadan n’est pas si difficile qu’on le dit. Bien sûr, j’ai faim toute la journée. J’ai un peu mal à la tête vers quatre heures de l’après-midi, mais il suffit de ne pas y penser. Et puis, cela rend plus fort de savoir qu’on a franchi cette épreuve.

Pour mon père, maçon c’est beaucoup plus difficile. Il travaille dur toute la journée sous un soleil de plomb sans manger et sans boire jusqu’au soir. Et dans les derniers jours mon papa est très fatigué.”

A quel âge as-tu commencé cette pratique religieuse ?

“Je suis ce principe religieux depuis que j’ai huit ans, mais cette année j’ai décidé de le faire sérieusement. Je ne mange plus de dattes en cachette au milieu de la journée et je ne bois plus d’eau prise au robinet des toilettes du collège. Non, c’est décidé, je m’interdis de manger et de boire depuis le lever jusqu’au coucher du soleil.”

Comment est organisé la journée ?

“A la maison, toute l’organisation change à l’occasion du ramadan.

  • on ne mange plus aux mêmes heures que d’habitude.
  • on coupe le jeûne vers six heures du soir avec du thé, du kenkiliba, des pâtisseries, des dattes et aussi des œufs.
  • on dîne vers onze heures
  • on se réveille vers cinq heures du matin, avant la lumière du jour, pour le petit-déjeuner. Même si ça ne plaît pas beaucoup à ma mère, j’essaye de me priver du petit déjeuner en solidarité avec mes amis qui ont parfois plus de quinze frères et sœurs.

Ma mère qui travaille dans un bureau emporte un petit tapis pour effectuer ses prières au sein de l’entreprise.

Privés de tout dans la journée, on a tendance à consommer un peu plus que d’habitude la nuit, ce qui fait le bonheur des commerçants.”

Le Baobab

Le Baobab

Le baobab est-il un arbre ?

Le Baobab est incontestablement un arbre.

On nous dit souvent qu’il ne fait pas de cernes, tout simplement du fait que si l’on rencontre des baobabs tombés à terre, les cernes s’estompent très vite en raison de la présence d’eau dans son tronc qui provoque ainsi une dégradation très rapide.

Où poussent les baobabs ?

  • Habitat : le baobab se trouve dans les régions semi-arides de Madagascar (7 espèces recensées dont l’Adansonia fony), en Afrique (1 espèce l’Adansonia digitata) et en Australie (1 espèce). 
  • Durée de vie : 1 000 à 2 000 ans. 
  • Taille maximale : 20 mètres de hauteur.   

Il pousse aussi en région tropicale, spécialement dans les régions sub-humides et semi-arides du sud du Sahara.

C’est donc logiquement qu’on le retrouve au Sénégal. Il a d’ailleurs pris une place importante au cœur de la vie des hommes.

Car, de par l’admiration qu’il force et la curiosité qu’il suscite, le baobab entretien plusieurs légendes …

La plus connue raconte qu’un jour le baobab était près d’un lac et dressait sa cime vers le ciel. Aucun vent ne soufflait. La surface de l’eau était lisse comme un miroir. Le baobab voyait les autres arbres qui avaient des chevelures fleuries, de tendres écorces et des feuilles. Tous étincelaient de couleur, le baobab voyait tout cela dans le miroir de l’eau et il était malheureux.

Ses feuilles à lui étaient minuscules, ses fleurs imperceptibles. Il était gras et son écorce ressemblait à la peau ridée d’un vieil éléphant.

L’arbre invoqua Dieu et se plaignit à lui. Dieu avait créé l’arbre et était satisfait de son œuvre qui ne ressemblait pas aux autres. Il aimait la diversité. Seulement, il ne pouvait supporter la critique.

Il demanda à l’arbre s’il trouvait beau l’hippopotame ou agréable le cri de la hyène. Puis Dieu se retira dans les nuages. Il voulait qu’on le laissât réfléchir en paix.

Le baobab ne cessait, ni de se regarder dans le miroir, ni d’élever vers Lui ses plaintes.

Dieu descendit donc, saisit le baobab, le souleva et le replanta dans la terre, à l’envers.

Ainsi, l’arbre ne se voyait plus et ne se plaignit plus. Son branchage tortueux et dépouillé de ses feuilles une grande partie de l’année, ressemble d’ailleurs étrangement à ses racines.

Quel est le plus grand baobab du monde ?

Le conifère Taxodium mucronatum est l’arbre le plus gros du monde :

  • 50 mètres de circonférence au sol
  • 34,50 mètres à 1m,50 du sol.
  • Il se trouve au Mexique.

D’autres baobabs sont également proches de ces records et sont présents, beaucoup plus couramment en Afrique.

Quand fleurit la fleur du baobab ?

Les feuilles sont visibles en été au mois de juillet et tombent de l’arbre courant janvier. Mais selon le lieu où se trouve l’arbre, elles peuvent y rester toute l’année. La floraison du baobab a lieu en été. Ses fleurs sont pendantes, de couleur blanche et mesurent environ quinze centimètres de diamètre.

L’arbre aux mille vertus

Présent au cœur de la vie des Africains, le baobab, même s’il symbolise la solitude, n’en représente pas moins la lumière et la force.

En outre, ses différents usages font de lui un arbre omniprésent au cœur de la vie.

Lorsqu’il ne sert pas d’abri aux hommes, il offre l’hospitalité aux animaux. Le baobab est aussi une mine de ressources alimentaires et représente une matière première intarissable pour les usages de la pharmacopée.

En effet, son tronc épais est gorgé d’eau et peu emmagasiner plus de 120 000 litres d’eau.

Ses fruits, appelés “pains de singe” semblables à des calebasses, peuvent être mangés crus ou utilisés en bouillie pour préparer des boissons. Mélangé à de l’eau ce breuvage s’apparente au lait de coco, avec un goût de citron vert. Sa pulpe combat d’ailleurs la dysenterie, la variole, la rougeole et sa fibre est un anti-diarrhéique.          

Ses feuilles desséchées mélangées à des céréales fournissent une poudre riche en calcium, en fer, en protéine et en lipide. Elles servent aussi d’anti-inflammatoire.

Ses racines peuvent se manger cuites, sinon les jeunes plants se dégustent comme des asperges. Enfin, l’écorce est, entre autres, un fébrifuge, c’est à dire qui combat et guérit la fièvre.

 L’arbre de Touba

Il est à l’origine de la fondation de Touba, la ville sainte du Baol, au Sénégal par le Cheikh Ahmadou Bamba vers 1889.

C’est le baobab de la félicité et de la béatitude appelé Guoi Tékhé que les pèlerins viennent visiter pieusement, le bonheur éternel revenant à tous ceux qui, Noirs ou Blancs, s’y rendent en pèlerinage ou qui seront enterrés autour.

Dans la tradition islamique, Touba désigne un arbre du paradis sur les feuilles duquel sont inscrites pour chaque humain ses bonnes et ses mauvaises actions.

Chaque feuille, en tombant, provoque inexorablement la mort de l’individu concerné.

Le paludisme

Le paludisme

Le paludisme (ou malaria), qui peut être mortel, est causé par un parasite du genre Plasmodium, qui infecte certaines espèces de moustiques. En piquant, le moustique transmet le parasite à l’humain. La contamination entre  personnes est également possible, par transfusion sanguine ou de la femme enceinte à son enfant via le placenta.

La prévention est essentielle pour lutter contre l’infection et la transmission du paludisme.

5 espèces de Plasmodium sont responsables du paludisme chez l’homme sur les 123 répertoriées. L’espèce la plus dangereuse (Falciparum) est dominante en Afrique. Si les zones tropicales sont particulièrement touchées, d’autres espèces sévissent dans les zones tempérées.

Les traitements antipaludéens

Depuis leur généralisation au début des années 2000, les traitements à base d’artémisinine sont venus remplacer des molécules devenues inefficaces. Ils ont permis une baisse spectaculaire des cas de paludisme ainsi qu’une amélioration de l’observance du traitement complet. Mais on commence à documenter, en Amérique latine et en Asie du Sud Est, des cas de résistance à cette molécule. Et aucun candidat n’est susceptible de la remplacer avant plusieurs années.

La chimioprévention

La chimioprévention consiste à distri-buer ponctuellement des traitements antipaludéens à certains groupes de population. Le traitement préventif intermittent permet de réduire jusqu’à 30% les cas de paludisme chez les femmes enceintes et les nourrissons. Pendant la saison de haute trans-mission du paludisme, la chimioprévention pour les enfants de 3 mois à 5 ans fait diminuer de 80% les cas de paludisme simple, et de 70 % les cas sévères.

Les perturbations climatiques

Des saisons des pluies plus longues et plus intenses sont généralement synonymes d’augmentation des cas de paludisme.

Cela peut contribuer à expliquer des pics particulièrement aigus de la maladie, comme ceux en République démocratique du Congo ou en Ouganda en 2014 et 2015, deux années pendant lesquelles le phénomène El Nino a joué un rôle principal dans l’augmentation des cas en Afrique Sub-Saharienne.

La résistance des moustiques aux insecticides

Un des axes du contrôle du paludisme est la lutte contre les moustiques vecteurs, par exemple la protection individuelle, par des moustiquaires imprégnées d’insecticides.

Aujourd’hui, selon l’Organisation mondiale de la santé, la moitié de la population africaine possède une moustiquaire. Mais leur efficacité est en train de diminuer, car le moustique s’adapte aux insecticides.

Il devient ainsi important de lutter aussi en amont, en détruisant les larves et en contrôlant la propagation du moustique. Ainsi au Tchad, MSF a lancé cette année une opération de pulvérisation d’insecticides dans la région de Moissala, qui vise 22 000 maisons.

Et la vaccination ?

Pour les enfants, l’OMS recommande, depuis octobre 2021, le vaccin RTS, S/AS01 dans les zones à risque.

Pour les adultes, le véritable graal de la lutte contre la maladie, un vaccin efficace reste pour l’heure hors de portée. les mutations du parasite pendant la maladie le rendent difficile à mettre au point.

Le seul vaccin disponible aujourd’hui a une efficacité limitée contre les formes sévères de la maladie. Mais l’espoir est permis avec un candidat-vaccin et l’ARN messager.

Seule la mise au point d’un vaccin plus efficace, bon marché et facile d’utilisation peut constituer une avancée sérieuse pour le contrôle d’une des plus grandes tueuses infantiles.

Pour lutter contre le paludisme

Il faut donc prendre en compte ces différents éléments, et s’adapter aux différents contextes. En combinant :

  1. lutter contre les moustiques avec des insecticides et des produits répulsifs. Eliminer aussi les niches d’eau stagnantes.
  2. éviter les piqûres en utilisant toujours une moustiquaire et en portant des vêtements couvrants.
  3. prendre un traitement préventif, avant et/ou pendant le sèjour. Il en existe aussi pour les femmes enceintes et les nourrissons. Attention à certaines tisanes présentées comme efficaces dans la prévention du paludisme, qui sont en réalité inéfficaces, voire toxiques.
  4. améliorer les conditions de vie.

Le paludisme a déjà été éliminé de plusieurs pays d’Europe et d’Amérique.

Les symptômes

Ils varient en fonction des espèces parasites et des personnes. On peut noter :

  • fièvre (jusqu’à 40°C), 8 à 30 jours après l’infection,
  • maux de tête,
  • douleurs musculaires ou articulaires,
  • troubles digestifs,
  • affaiblissement.

Des cycles typiques alternant fièvre, tremblement avec sueurs froides et transpiration intense peuvent survenir. On les appelle “accès palustres”.

Que fait le parasite dans notre corps ?

Le Plasmodium migre vers le foie, où il va se reproduire par dizaines de milliers avant de passer dans le sang. Là, il colonise et détruitles globules rouges. C’est parce qu’il peut subsister sous forme latente dans le foie qu’il provoque parfois des rechutes tardives.

241 millions de cas et 627 000 décès dans le monde en 2020

7 à 10 % des décès d’enfants de moins de 5 ans sont dus au paludisme.

Le saviez-vous

C’est un médecin de l’armée française, Charles Louis Alphonse Laveran, qui découvrit le parasite protozoaire, cause du paludisme, en 1880. Il fut prix Nobel de médecine en 1907.

Le fort Faidherbe

Le fort Faidherbe

Le fort de Podor, qui marquera pour toujours la turbulente histoire du Fouta-Toro, terre de refus, a été créé en 1744 par Pierre Barthélemy David, ancien gouverneur de la « Concession du Sénégal » pour le compte de la Compagnie des Indes.  Il est aujourd’hui un musée du ministère de la Culture.

 Le Fort de Podor avait un double objectif :

  • stopper l’invasion des Maures lancés dans le commerce des esclaves.
  • assurer la sécurité des colons et des habitants de la contrée. 

Le fort qui, au départ, avait la vocation d’être le plus haut rempart du plus grand grenier de la concession du Sénégal, deviendra, à la faveur du succès de l’expédition pour la reprise de Podor et de sa garnison, un véritable centre d’opérations militaires.

C’est qu’en vérité, le fort de Podor était essentiel dans le dispositif mis en place par Louis Faidherbe pour dérouler l’hégémonie française sur l’axe Saint-Louis du Sénégal-Kayes au Mali.

A la faveur des indépendances africaines, ce haut lieu du patrimoine historique régional, par ailleurs témoin privilégié de la diversité culturelle (soldats français et tirailleurs sénégalais) au service de la colonisation sera occupé par l’armée.

Mais que reste-t-il de ce vestige ? 

Réhabilité à demi par la France, il est aujourd’hui un musée du Ministère de la Culture qui semble lui accorder un petit crédit.

Des investissements ont été consentis pour une relance du secteur touristique par M. Racine Sy.

Ce fils de la ville compte faire un hôtel de la grande bâtisse à étages qui fait face au fort et qui était le logement de l’ancien chef de la brigade de gendarmerie, avant que ce service de l’armée ne quitte le fort du fait de sa vétusté.

Si la France a réhabilité partiellement les lieux, la dimension historique et touristique revient au Sénégal.

Malgré l’oubli dont il fait l’objet, le fort de Podor demeure un vieil édifice, charmant par sa stature imposante, plein de surprises agréables à l’image de l’exposition photos réalisée par le doyen de la photographie dans le Podor, El Hadji Omar Ly.

Le musée de Podor permet de découvrir un mobilier d’époque qui ne manque pas d’attrait. 

Il est urgent de doter ce fort de moyens adéquats, afin de lui permettre d’être pleinement une offre culturelle permanente, avec une meilleure fréquentation des touristes qui viennent en général en amont du fleuve pour voir ce beau patrimoine architectural.

Absence de budget de fonctionnement

Aujourd’hui, ce monument éprouve d’énormes difficultés pour son fonctionnement.

 Le conservateur déplore « l’absence de commodités sans lesquelles aucun espace public ne peut convenablement remplir sa mission ». L’éventail des problèmes du fort est large :

  • le manque d’eau,
  • d’électricité,
  • et même de toilettes.

Les multiples interpellations dont la tutelle aurait été l’objet n’ont pas trouvé une oreille attentive.

Ce fort de couleur ocre a une imposante stature. Devenu musée régional, il est aujourd’hui victime du non achèvement des travaux de restauration.

En fait, seuls les édifices intérieurs ont été restaurés. Le mur d’enceinte et ses quatre donjons sont délabrés.  Les pavillons intérieurs ne disposent pas de fermeture, ce qui empêche aujourd’hui leur valorisation.

Seuls les touristes sont réguliers au Fort avec la croisière du bateau de croisière Bou El Mogdad qui va de St Louis à Podor.

Les lettres du chevalier de Boufflers à sa femme (Lettres d’Afrique à Madame de Sabran) nous montrent ce qu’est un fort du roi de France, sur le fleuve Sénégal :

  • en 1785 : « Je compte arriver à Podor aujourd’hui malgré les vents contraires, parce que j’ai envoyé des gens du pays par des sentiers raccourcis prier le roi des Maures de m’envoyer des chevaux …
    Tu voudrais peut-être savoir le présent que je lui apporte ? Un manteau d’écarlate galonné d’or, dix pièces de guinée bleue, un fusil fin à deux coups, une belle paire de pistolets, vingt gros grains d’ambre, une belle filière de corail, avec des miroirs, des ciseaux, des peignes …, pour la reine. Tous les seigneurs et toutes les dames de sa cour auront des présents proportionnés à leur dignité…
    Adieu. Je vois une troupe de Maures sur la rive avec des chevaux de main, je vais descendre à terre et monter à cheval pour entrer triomphalement dans ma citadelle. »
  • en 1788  : « Oh ! mon enfant, le vilain lieu et les vilaines gens ! Ce pauvre Sénégal, dont je t’ai fait de si tristes peintures, est un Louvre, un Élysée en comparaison. Je suis accablé d’affaires et de chaleur; je n’ai que le temps de t’embrasser. Je me sens plus faible et plus lourd que je ne l’ai encore été, et j’ai même ordonné, si cela durait, que mon bâtiment fût prêt à partir demain matin, parce que je ne veux mourir qu’entre tes bras… Il passe à la vérité pour, le poêle de l’Afrique; mais il passe encore tout ce qu’on en dit. Le thermomètre en dit plus que personne; car je l’ai pendu vers une heure et demie à la muraille, en dehors, au soleil, et l’esprit de vin a touché l’extrémité du tube, en sorte qu’on a été obligé de dépendre le thermomètre et de le rentrer, de peur qu’il ne cassât, d’autant plus qu’il était si brûlant que mes gants en ont été marqués. Je ne t’ai pas dépeint le maudit fort où je suis. C’est une cour carrée entourée de quatre mauvais bâtiments à rez-de-chaussée, sans plancher, sans plafonds, couverts de planches mal jointes, et dans chaque coin des espèces de tourelles, dans l’une desquelles demeure le commandant. La garnison, composée de vingt soldats agonisants, demeure dans une espèce d’écurie, à côté de la porte; le reste est destiné pour des magasins où il n’y a presque rien, et où tout se gâte en peu de temps par l’excès de la chaleur. En sorte qu’après y avoir encore réfléchi, et après m’être assuré de l’inutilité parfaite de ce poste-là, je pourrais bien, d’ici à mon départ, le faire raser. »
La mafé

La mafé

Le mafé est un plat dont la sauce épaisse est à base de pâte d’arachide. C’est un plat originaire du Mali : les premiers consommateurs sont les peuples mandingue et bambara. 

Le maffé est consommé dans toute l’Afrique subsaharienne : Côte d’ivoire, Sénégal, Bénin, Congo, Burkina-Faso, Nigéria… L’appellation et la préparation du Mafé diffère d’un pays à un autre de l’Afrique.

Ingredients

  • 800g de viande ou poulet coupé en morceau
  • 400g de pâte d’arachide grillée
  • Huile, l’équivalent d’un verre à thé
  • 80g de tomate concentrée
  • 150g de tomates pelées ou fraîches
  • 2 oignons
  • 2 gousses d’ail
  • Un morceau de poisson sec  (facultatif)
  • Un morceau de Yet (facultatif)
  • Du piment frais
  • 2 belles aubergines africaines (diakhato) coupées  en deux
  • Quatre pommes de terre
  • Quatre navets
  • 2 bouillons(cube) facultatif
  • 2 patates douces
  • 4 belles carottes
  • Un beau morceau de chou blanc
  • Sel, poivre
  • 800g de riz long

Pour 4 personnes

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1 H 15 préparation et cuisson

Préparation

  • Laver la viande et laisser égoutter.
  • Eplucher tous vos légumes et réserver.
  • Couper ou hacher l’oignon et l’ail.
  • Dans un saladier, écraser les tomates pelées ou fraîches, les mélanger à la tomate concentrée, réserver.
  • Dans un autre saladier, y mettre la pâte d’arachide, verser dessus un demi-litre d’eau bouillante et bien mélanger avec le fouet, ceci pour enlever tous les grumeaux, réserver.
  • Mettre la marmite sur le feu avec l’huile dedans, y faire revenir la viande, l’oignon et l’ail 5 mn pour faire dorer la viande.
  • Y ajouter la tomate en remuant de temps en temps pour éviter que ça n’attache.
  • Laisser mijoter environ 10 minutes.
  • Ajouter la pâte d’arachide, mouiller avec 1 litre d’eau ou un peu plus suivant la consistance et bien remuer, y ajouter les carottes, les navets, le chou, l’aubergine, le yét, le poisson sec, le bouillon, le piment, assaisonner et laisser mijoter à feu moyen pendant 15 mn.
  • Puis rajouter les autres légumes et laisser mijoter encore 15 mn plus ou moins.
  • Vérifier la cuisson des légumes, rectifier l’assaisonnement et laisser à feu très doux pendant 10 mn
  • Servir avec le riz préalablement cuit à l’eau.