Le Thiéboudiène

Le Thiéboudiène

Le Thiéboudiène, le rix au poisson sénégalais

Le Thieboudienne est un plat originaire du Sénégal, et plus spécifiquement de la communauté wolof. Son nom signifie littéralement « riz au poisson » en wolof. Cependant, le Thieboudienne va bien au-delà de cette simple définition. Il représente l’âme de la cuisine sénégalaise, avec ses mélanges d’épices, ses influences africaines, et son importance culturelle.

Le Thieboudienne est préparé à partir d’ingrédients locaux et frais, ce qui en fait un plat à la fois savoureux et relativement sain. Les principaux ingrédients de cette recette sont :

  • Du poisson (généralement du poisson à chair ferme comme le capitaine ou le merlu)
  • Du riz
  • Des légumes (tels que l’aubergine, la carotte, le chou, la tomate)
  • Des épices (comme le piment, le poivre, le thym, le laurier)
  • De l’huile de palme rouge, qui donne au plat sa couleur caractéristique
  • Des condiments tels que la pâte d’arachide, l’oignon et l’ail

Les ingrédients

pour 4 personnes  
  • 3 tasses de Riz Cassé (vous pouvez  utiliser du riz rond)
  • 4 gros morceaux de Poisson (Mérou, Daurades, ou darnes de Thiof)

Pour la Farce du Poisson

  • 1 bouquet Persil haché
  • 1 petit piment
  • 2 gousses d’ail hachées
  • Sel

Pour la Sauce et les Légumes

  • 3 Tomates fraîches
  • 3 cuillères à soupe Concentré de tomate
  • 2 Carottes
  • 2 Pommes de terre
  • 2 Oignons
  • 3 Gousses d’ail
  • 2 Petites Aubergines (Diakatou)
  • 1 Chou Blanc
  • 20cl Huile d’arachide
  • 2 Bouillon Cubes (Maggi)
  • 3 Feuilles de Laurier
  • 4 Piments Lanternes
  • 6 Gombos
  • 1 Patata Douce
  • 1 cuillère à soupe Poisson seché (yét et guedj)
  • 1 Manioc doux
  • 1 cuillère à soupe Poivre noir
  • à votre goût Sel
  • Préparation de la farce pour le Poisson

Dans un mixeur, mixez le persil, 2 gousses d’ail, un petit piment et du sel. Bien évidemment il faut se méfier du piment, personnellement je le remplace par du gingembre et poivre concassé. Mixez bien puis farcir vos morceaux de poisson avec cette farce.

  • Préparation de la sauce tomate pour le Thiéboudiènne

Coupez vos oignons, vos tomates, et hachez vos gousses d’ail restantes.
Dans une grande casserole, faites chauffer environ 20cl d’huile d’arachide. Ajoutez sur le feu vos oignons, les tomates, le concentré de tomate, l’ail haché et le poivre noir. Faites frire le tout pendant environ 15 minutes à feu moyen. Une fois que ce mélange a formé une sorte de sauce tomate, ajoutez vos morceaux de poisson farcis ainsi que le Yét et le Guedj (poisson seché). Ajoutez ensuite vos bouillons cubes (Maggi) avec 3 feuilles de laurier et une tasse d’eau.
Faites mijoter votre sauce pendant environ 15 minutes jusqu’à ce que le poisson soit bien cuit. Pendant ce temps, préparez vos légumes.

  • Préparation des légumes du Tiep Bou Dien

Epluchez vos carottes et vos patates et coupez les en morceaux de taille moyenne. Coupez votre chou en quatre, et coupez votre manionc, votre patate douce et vos aubergines en deux.
Après 15 minutes de cuisson, enlevez le poisson et réservez-le dans un grand plat. Ajoutez tous vos légumes sauf les gombos avec une tasse d’eau et laissez cuire pendant environ 30 minutes.

  • Ajoutez le Gombo

Après 30 minutes de cuisson, enlevez les légumes et réservez-les dans le même plat que le poisson. Ajoutez désormais les gombos avec encore une tasse d’eau. Après 5 minutes de cuisson réservez les gombos dans le plat.

  • Cuisson du riz au poisson

Après avoir enlevé les gombos, ajoutez votre riz cassé. L’eau doit tout juste recouvrir le riz. Faites cuire à couvert et à feu très doux jusqu’à absorbtion de la sauce en mélangeant régulièrement.

  • Servez votre Thiéboudiènne maison

Pour servir votre Tiep Bou Dien maison, dressez votre riz rouge dans un grand plat et disposez les légumes et le poisson joliement par dessus. Vous pouvez également ajouter de belles rondelles de citron pour ajouter un peu de fraîcheur.

Artémisia annua

Artémisia annua

En février 2019, l’Académie nationale de médecine avertissait que l’artémisinine est recommandée pour traiter le paludisme en association avec d’autres médicaments à l’action plus prolongée selon des “combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine”, ou CTA.

L’utilisation de cette plante seule, en poudre ou en tisane, n’a aucune garantie d’efficacité et risque d’aggraver l’émergence de formes résistantes de la maladie, expliqua-t-elle.

Utilisée depuis des siècles en médecine chinoise, Artemisia annua a été “redécouverte” pendant la guerre du Vietnam. Et ce n’est pas une inconnue de la science moderne.

En 2015, Youyou Tu, es devenue le premier prix Nobel de médecine chinois pour avoir démontré l’efficacité d’une substance extraite de la plante, l’artémisinine, dans les traitements antipaludéens.

“Afin de recevoir une dose équivalente à un comprimé ou à une capsule d’artémisinine à 500 mg, les patients devraient boire jusqu’à 5 litres de thé d’Artémisia annua par jour pendant au moins sept jours consécutifs”, précise l’OMS, une posologie peu faisable dans la réalité, où les patients prennent plutôt autour d’un litre quotidien de ce thé.

Artémisia Annua une espèce de la famille des Asteraceae (ou Composées), est une armoise annuelle qui peut atteindre plus de 3 m de haut en culture. Sa répartition naturelle s’étend à l’ensemble des zones tempérées chaudes. La plante est également présente dans certains pays des régions inter tropicales, en particulier au Vietnam.

“Toutes les plantes d’Artemisia annua ne contiennent pas nécessairement d’artémisinine et dans certains endroits, en fonction de la qualité du sol et des précipitations, la teneur peut être très faible Utilisée correctement en association avec d’autres antipaludiques, l’artémisinine a une efficacité de près de 95 % pour guérir le paludisme et elle rend très improbable le développement d’une résistance du parasite”

“La consommation d’Artemisia seule pendant 7 jours, par des litres de tisane de composition incertaine, expose les jeunes enfants impaludés à un risque élevé d’accès pernicieux”, une complication grave du paludisme qui se traduit par une atteinte du système nerveux pouvant mener au décès, s’alarme l’Académie.

Expériences

L’expérience de plusieurs hôpitaux à l’Est de la RD du Congo a révélé que sur des personnes-test ayant bu un litre d’infusion de feuilles d’Artémisia Annua pendant cinq jours, 91 % des malades n’avaient plus de parasites de paludisme dans le sang.

Les expériences du CIPCRE-CAMEROUN, sur la culture d’Artémisia annua, en mai 1998, le CIPCRE a reçu des semences de haute valeur de MEDIPLANT, centre de recherches des plantes médicinales et aromatiques, CH-1964 Conthey-Suisse.

Le CIPCRE a envoyé un échantillon de feuilles séchées au laboratoire de l’Institut Pharmaceutique de Tübingen en Allemagne avec le résultat de 0.98% de teneur en Artémisinine. Cette teneur peut être considérée comme assez bonne.

Le CIPCRE multiplie des plantes d’Artémisia annua par bouture, façon unique de garantir la continuité de la teneur en Artémisinine hors laboratoire. Des plants sont disponibles au prix de 500 FCFA par plant.

Par ailleurs, le CIPCRE vent aussi des sachets de 25 g de feuilles d’Artémisia annua séchées au prix de 1 000 FCFA l’unité, permettant un traitement par infusions de cinq jours contre le paludisme.  

« Des allégations fausses et dangereuses » : l’Agence française du médicament (ANSM) réagit aux nombreux messages sur internet et les réseaux sociaux vantant les vertus thérapeutiques ou préventives de produits à base de plantes contre le coronavirus.

Sont particulièrement visées les décoctions, gélules, tisanes contenant des feuilles séchées d’Artemisia annua ou armoise annuelle.

Les Présidents du Sénégal

Les Présidents du Sénégal

Les Présidents du Sénégal depuis l’indépendance.

 

Le Sénégal est une République dont le Président est élu au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours.

Du fait de ses institutions laïques, de ses nombreux partis politiques, de sa presse indépendante et libre, de l’absence de conflits ethniques et de coups d’Etat, on considère le Sénégal comme un modèle démocratique en Afrique.

Cependant, depuis plus de vingt ans, il existe un mouvement rebelle opposé à l’Etat sénégalais et qui réclame sans succès l’indépendance de la Casamance, région située au sud du pays.

La durée du mandat du Président de la République est de cinq ans.

Le mandat est renouvelable une seule fois.

 

Élu le 5 septembre 1960, Léopold Sédar Senghor préside la toute nouvelle République du Sénégal. Il est l’auteur de l’Hymne National sénégalais, le Lion rouge. Il démissionne de la Présidence, avant le terme de son cinquième mandat, en décembre 1980. Abdou Diouf, Premier Ministre, le remplace à la tête du pouvoir, en vertu de l’article 35 de la Constitution. Sous la Présidence de Léopold Sédar Senghor, le Sénégal a instauré le multipartisme ainsi qu’un système éducatif performant.

Aussi membre de la commission chargée d’élaborer la constitution de la Ve République, conseiller général du Sénégal, membre du Grand Conseil de l’Afrique Occidentale Française et membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Léopold Sédar Senghor est un fervent défenseur du fédéralisme pour les États africains nouvellement indépendants, sorte de « Commonwealth à la française ».

Léopold Sédar Senghor
1960-1980.

 

 

En plaçant ses différents mandats sous le signe de la politique d’ouverture au multipartisme, la libéralisation progressive de l’économie et la décentralisation, Abdou Diouf contribue à faire entendre la voix du Sénégal dans le monde et lutte pour une plus grande unité africaine. Il assume notamment les fonctions de Président en exercice de l’OUA (1985-1986 puis 1992) et Président en exercice de la CEDEAO (1991-1992).

A l’occasion des élections présidentielles de mars 2000, Abdoulaye Wade lui succède. Un haut fait de la démocratie sénégalaise porte sa marque lorsque le Président Abdou Diouf félicite son principal opposant pour sa victoire, favorisant ainsi une alternance pacifique vantée dans toute l’Afrique. Sa première mission en tant qu’ancien Président est de représenter son successeur à un Sommet panafricain.

 

Abdou Diouf
1981-2000.

 

En 2004, le président Abdoulaye Wade a reçu le Prix Averell Harriman pour l’Afrique du National Democratic Institute (NDI) présidé par Madeleine Albright, ancienne Secrétaire d’État américaine. Cette distinction lui a été décernée pour ses actions positives en faveur de la démocratie et de la paix dans son pays et dans le monde.

En 2006, il a été lauréat du Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix et a rejoint le club très exclusif comprenant Frederik De Klerk, Nelson Mandela, Yitzhak Rabin et Shimon Peres.

Le président Wade est notamment le concepteur du Plan Oméga qui a donné naissance au NEPAD (Agence du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique).

 

Abdoulaye Wade
2000-2012.

 

Au cours de son premier mandat, Macky Sall a initié plusieurs réformes ambitieuses, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie et de l’infrastructure, visant à moderniser le Sénégal et à améliorer les conditions de vie de ses citoyens.

Réélu pour un second mandat en 2019, il continue de promouvoir une vision de progrès et de stabilité pour le Sénégal sur la scène nationale et internationale.

 

Macky Sall
2012-2024

 

Le Palais de la République

Le Palais de la République, résidence du Président de la République, est une demeure historique située dans le quartier du Plateau à Dakar, capitale du Sénégal.

Construit en 1902, le Palais fut la résidence officielle du gouverneur général de l’Afrique Occidentale Française (AOF).

 

La construction du palais ordonnée en 1902 par Gaston Doumergue, ministre des Colonies, visait à loger dans la capitale le gouverneur général de l’AOF qui résidait alors à Saint-Louis. L’architecte en est Henri Deglane.

Après cinq années de travaux, ce bâtiment de facture néoclassique, surmonté d’une tour inspirée du Trocadéro de Paris, est inauguré le 28 juin 1907 comme palais du Gouvernement général. Le gouverneur général alors en fonction, Ernest Roume, est le premier à y demeurer. Il a pour tâche de transférer le siège du Gouvernement général de l’AOF de Saint-Louis à Dakar et mettre en place les structures administratives centrales de ce vaste ensemble territorial.

Le bâtiment fut modernisé par le haut commissaire Paul Bechard, locataire des lieux de 1947 à 1951. Et c’est sous sa nouvelle configuration que l’occupa, pour la première fois, le premier Président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor.

Depuis l’indépendance du Sénégal, le Palais de la République est la résidence du chef de l’État, occupé à ce titre par les Présidents Léopold Sédar Senghor de 1960 à 1980, Abdou Diouf de 1980 à 2000, Abdoulaye Wade de 2000 à 2012, Macky Sall de 2012 à 2024 et Bassirou DIomaye Faye depuis 2024.

 

Islam et les musulmans

Islam et les musulmans

L’islam, n’est pas un monde à part.

  • Il partage les mêmes sources avec le judaïsme et le christianisme.

Cette religion existe depuis le VII siècle et a été à l’origine d’une civilisation prestigieuse qui a marqué l’histoire de l’Humanité. Si la confrontation entre l’Occident et l’Orient ne s’est pas faite sans heurts, le « monde musulman » n’est pas un monde à part.

Seulement aujourd’hui, les pays où vivent la plupart des musulmans sont souvent confrontés à des difficultés politiques et économiques graves. Et le travail de réflexion pour adapter l’islam à notre époque et aux situations de la vie quotidienne se fait au ralenti.

 

L’islam est la 2ème religion en France. La force des traditions et la tentation d’un repli sur soi de certains musulmans ne doivent pas masquer l’immense majorité des musulmans qui vivent leur religion en paix et en harmonie. Pour un non musulman, tenter de comprendre l’islam, c’est faire l’expérience, toujours difficile, de ce qui est apparemment différent.

  • Mohammed est le prophète de l’islam, une religion révélée il y a plus de 1 400 ans.

L’Arabie est le berceau de l’islam. C’est dans la ville de la Mecque que nait, vers 570, Mohammed, futur prophète de l’islam. L’ange Gabriel lui annonce qu’il est le nouveau prophète. C’est la révélation, avec l’aide de son épouse Khadidja, il convainc ses proches de n’aimer qu’un seul Dieu : Allah (« Dieu » en arabe). En 622, il s’exile, c’est l’hégire. Début de l’histoire musulmane. Il mène des guerres pour convertir les populations. A sa mort, en 632, les bases de l’islam sont posées.

  • Pour pratiquer leur religion et dans la vie quotidienne, les musulmans se réfèrent à deux textes : le Coran et le Sunna.

Le Coran, un texte sacré : vers 657, les paroles divines que les musulmans se transmettaient oralement sont regroupés dans un livre : le Coran. Divisé en 114 chapitres, appelés sourates composées de plusieurs versets. Le Coran est le recueil des messages dictés par l’ange Gabriel, messager de Dieu, à Mohammed.

Les musulmans estiment qu’il est sacré, donc inviolable. Le coran présente les bases de la foi musulmane : être fidèle à la parole de Dieu, respecter les autres, distinguer le bien du mal, ce qu’il faut faire et ne pas faire pour être un bon musulman, il présente des règles de vie en société, (les droits et devoirs de la femme et de l’homme, mariage et divorce ou encore les interdits alimentaires (ne pas manger de porc, ne pas boire d’alcool …)

– La Sunna : les faits et gestes du prophète. Elle est composée de hadiths (courts récits racontant les faits et gestes du prophète Mohammed. Très nombreux et sujets à interprétations diverses, ils sont considérés comme des sources d’inspiration pour guider les musulmans dans leur vie quotidienne.

Ces textes servent de références aux musulmans, ils ont inspiré la loi islamique « la charia ». Les islamistes, minoritaires, estiment que ces règles (que l’on peut considérer comme rétrograde, car édictées il y a 14 siècles) sont à suivre à la lettre …C’est une aberration.
Les musulmans modernistes rappellent que le Coran n’est pas un mode d’emploi. Si ce texte est sacré, son interprétation est humaine. Il peut donc être adapté à la vie actuelle.

L’année 2026 = l’année 1447 : la date de l’hégire en 622 selon le calendrier chrétien correspond à l’an 1 du calendrier musulman. Le calcul est : 2026 – 622 = 1404, à diviser par 0,97 pour tenir compte du cycle lunaire, soit 1447.

  • D’une religion à une civilisation. 

La succession du prophète : Après la mort de Mohammed, quatre fidèles qui l’ont connu de son vivant se succèdent pour être calife. Ils dirigent la communauté des musulmans qui est alors en pleine expansion. Depuis l’Arabie, ils conquièrent l’Égypte, la Syrie, l’Irak et l’Iran où ils convertissent les populations. Mais cette période est troublée par des conflits entre les successeurs de Mohammed qui se divisent en deux clans. 

– Sunnisme et chiisme : la grande division : D’un côté, les partisans de la tradition (al-Sunna en arabe) veulent désigner le calife par une élection. Ce sont les sunnites, les plus nombreux. De l’autre, les partisans d’Ali (chi-at Ali en arabe), le cousin et gendre du prophète, veulent que le calife soit un descendant du prophète. Ce sont les chiites, qui eux-mêmes vont se séparer des kharidjites (« ceux qui sont sortis » en arabe). Ces discordes marquent la première division de l’islam.

La dynastie conquérante des Omeyyades : En 661, un calife sunnite, Mu’awiyya, prend le pouvoir. Il fonde la dynastie des Omeyyades, une sorte de royauté. Profitant de l’affaiblissement des grands empires voisins, notamment perse et byzantin, les Omeyyades s’imposent sur un territoire qui s’étend de l’Espagne à l’Inde et dont la capitale est Damas. Mais les conquêtes sont arrêtées par les Byzantins devant Constantinople en 718, et par les Francs de Charles Martel à Poitiers en 732.

– Le triomphe des Abbassides : Trop vaste, l’empire se morcelle. En 750, la famille régnante des Omeyyades est massacrée par un clan rival, les Abbassides. La capitale devient alors Bagdad. Un seul prince omeyyade parvient à s’échapper : il rejoint l’Europe, où il fonde le califat de Cordoue. En Égypte, un descendant d’Ali et de Fatima installe au Caire (en créant cette ville) la dynastie chiite des Fatimides. Au Xème siècle, il y a alors trois califats : l’un à Bagdad, l’autre à Cordoue et le troisième au Caire

  • Les 5 piliers de l’islam, ce sont les 5 obligations fondamentales du croyant :

croire en un seul Dieu et en son prophète Mohammed,

– prier 5 fois par jour en se tournant vers la Mecque,

– offrir l’aumône au pauvre,

– jeuner, durant l’un des 12 mois de l’année, le ramadan,

– faire un pèlerinage à la Mecque une fois dans sa vie.

 

  • Juifs et chrétiens : des croyants respectés par les musulmans.

    Dans les pays conquis par les musulmans, les juifs et les chrétiens, considérés comme des « gens du livre », étaient rarement persécutés. Ils avaient seulement un statut inférieur qui les dispensait de service militaire et les obligeait à payer un impôt supplémentaire. Des peuples convertis, mais pas anéantis : l’expansion de l’islam au cours des siècles s’est faite à travers des batailles sanglantes. Mais une foi les territoires conquis, l’économie et l’organisation des sociétés n’étaient pas détruites.

  • L’âge d’or du monde musulman.

Durant trois siècles, la civilisation islamique connaît l’un des plus riches essors culturels de l’histoire des civilisations.

Une expansion par le commerce : À partir du IX siècle, l’empire des Abbassides devient la première puissance économique du monde grâce au commerce. Du sud de l’Afrique jusqu’en Inde, les marchands se déplacent en caravanes qui font étape dans des caravansérails, favorisant le développement des grandes villes, plus nombreuses et plus grandes que celles d’Europe.

– Une ouverture à la culture : Bagdad, par exemple, est à cette époque, la plus grande ville du monde, avec 1 million d’habitants et de magnifiques palais et mosquées. Grâce à leurs richesses, les califes favorisent l’essor de la culture arabo-musulmane. Ils construisent des universités et des écoles religieuses (medersas). Ouverts sur le monde, ils apprennent et développent les savoirs des populations converties à l’islam. L’arabe devient une langue mondiale.

– Un rayonnement mondial : Des mathématiciens arabes et persans inventent l’algèbre « le chiffre zéro » et la trigonométrie, font progresser l’astronomie, notamment grâce à l’optique. La médecine fait des progrès décisifs en anesthésie, en chirurgie, en pharmacie et en gynécologie. La boussole, la fabrication du papier et la poudre sont importées de Chine pour être développées par les savants arabes. Enfin, la philosophie tout comme la poésie, les fables et les contes, dont Les Mille et Une Nuits, ont un rayonnement mondial.

– L’heure des divisions politiques : Cet âge d’or connaît des tensions politiques. L’empire est très morcelé et doit faire face à des pouvoirs locaux : les Fatimides en Égypte, les Almoravides au Maghreb et en Espagne, ou encore les Seldjoukides en Perse. En plus de ces divisions internes, l’empire est affaibli par les croisades lancées par les chrétiens (prise de Jérusalem en 1099) et les invasions des Mongols. En 1258, ceux-ci détruisent Bagdad et c’est la fin de la dynastie des Abbassides.

Culture et tolérance :  Pendant cet âge d’or de l’islam, à Bagdad, à Damas, au Caire, à Samarkand, à Palerme ou encore à Grenade, des « maisons de la Sagesse » se sont multipliées. Comme des universités et des bibliothèques, ces centres étaient des lieux de rencontres, d’études et de discussions entre savants et intellectuels de tous pays et de toutes religions.

  • Face à l’Occident 

– Les dernières expansions… Après les Mongols, les Turcs musulmans fondent leur royaume au XIV siècle. C’est l’Empire ottoman. Il est dirigé par des sultans et va de l’Égypte à la Hongrie. Cette puissance de l’Orient fascine autant qu’elle inquiète l’Europe. À la même époque, l’islam se propage plus loin dans le monde grâce aux marchands musulmans qui commercent en Afrique de l’Ouest, en Inde et en Asie du Sud-Est.

– Le déclin : Au XVIII siècle, l’Empire ottoman se fragilise, notamment face aux assauts de la nouvelle force économique et politique de l’Europe. À cette période, les sociétés musulmanes ont tendance à se replier sur elles-mêmes et sur une vision figée de leur religion. Elles ne voient pas venir la modernité occidentale, avec les progrès techniques et les idées issues de la Révolution française. En 1798, l’expédition de Bonaparte en Égypte est un choc : les musulmans découvrent la force des Européens et leur propre faiblesse.

– De la colonisation à l’indépendance : Quand l’Empire ottoman disparaît en 1920, les Français et les Anglais ont pris le pouvoir dans plusieurs pays du Maghreb, du Moyen-Orient et de l’Asie. Cette colonisation par les Européens est une humiliation pour les pays musulmans. Contre ces occupations, des mouvements de libération se multiplient. Et dans les années 1950 et 1960, ces pays colonisés retrouvent leur indépendance. Mais la transition est souvent ratée, laissant la place à des dirigeants corrompus.

– Le réveil de l’Islam : Depuis le retour à l’indépendance, nombre de ces pays musulmans sont confrontés aux dictatures, aux injustices et à la pauvreté. Ces situations ont favorisé l’émergence des fanatiques islamistes. Portés par un désir de revanche sur l’Occident, ils s’adressent à des populations très pauvres et très peu éduquées. Ce phénomène risque de se développer tant que ses causes politiques et sociales n’ont pas été traitées.

  • Une religion au pouvoir :

Dans les pays musulmans, les pouvoirs politiques en place font souvent référence à la religion.

Quand la religion fait de la politique : De tout temps, les religions se sont mêlées de politique. Mais, aujourd’hui, dans la plupart des pays de tradition chrétienne mais laïcs comme la France, l’Église n’intervient plus dans les pouvoirs de l’État. C’est rarement le cas pour les pays musulmans. Parce qu’à l’origine de l’islam, Mohammed était à la fois un chef religieux et un chef politique. Et depuis 14 siècles, les dirigeants politiques musulmans se sont souvent servis de la religion pour renforcer leur pouvoir.

– Des influences sur la société : La place de l’islam varie d’un pays musulman à l’autre. Certains, comme l’Arabie Saoudite, l’Iran ou le Soudan, sont des États islamiques. Le Coran y est la seule référence officielle pour gouverner. Pour d’autres, les plus nombreux, comme le Maroc, l’Indonésie ou la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, le pouvoir est laïc. Mais la religion influence la vie de la société et certaines de ses lois. Et aujourd’hui les extrémistes religieux tentent d’accroître cette influence.

– Pays pauvres et pays riches :Un grand nombre de pays musulmans sont parmi les plus pauvres de la planète (Afghanistan, Bangladesh, Somalie, Soudan). À l’opposé, d’autres (Arabie Saoudite, Qatar, Bahreïn, Koweït, Émirats arabes unis) sont parmi les plus riches du monde. Ils doivent leur fortune au pétrole, cet « or noir » qui suscite tant de convoitises, y compris dans les pays occidentaux. 

– La démocratie en défaut : Riches ou pauvres, la plupart des pays musulmans ne sont pas des démocraties. Les principes élémentaires des droits de l’homme y sont souvent bafoués : pas d’élection libre, pas ou peu de liberté d’expression, pas de justice… Est-ce la faute de l’islam ? Pas sûr. Si la religion ne favorise pas la démocratie, elle ne l’interdit pas non plus. En fait, plusieurs raisons expliquent l’absence de démocratie dans un pays, notamment son histoire, son développement économique et le niveau d’éducation de sa population.

La Turquie, premier pays musulman devenu laïc :

C’est en 1924 que le califat en Turquie, c’est-à-dire la direction spirituelle et politique du pays, a été supprimé. Grâce à Mustafa Kemal (surnommé Atatürk, « le père des Turcs »), la Turquie est devenue un pays laïc. Ainsi, la religion musulmane n’est plus utilisée pour imposer des lois concernant la vie des Turcs.

  • Une religion, différentes populations :

    Les sociétés converties à l’islam sont diverses. On peut les diviser en cinq grandes zones géographiques et culturelles représentées par :

  • les Arabes et les Berbères,
  • les Irano-Indiens,
  • les Turcs,
  • les Malais
  • et les Noirs africains.

Tous ces peuples qui se réfèrent au Coran ont des pratiques communes. Mais ils sont aussi très différents par leur nationalité, leur langue, leur histoire, leurs coutumes et leurs traditions.

  • Une religion, plusieurs courants religieux : Les musulmans se divisent dans le monde en 3 principaux courants :

– les sunnites représentent plus de 90% de la population musulmane mondiale (environ 1,2  milliard), avec plusieurs traditions, notamment les hanéfites (Inde, Pakistan, Afghanistan…), les malékites (Afrique du Nord et de l’Ouest), les chaféites (Égypte, Indonésie…)et les wahhabites (Arabie Saoudite).

– les chiites (environ 100 millions, soit moins de 10%) sont divisés principalement entre les duodécimains (Iran, Irak…), les ismaéliens et les druzes (Syrie, Liban…)., les alouites (Syrie) et les zaïdites (Yémen);

– les kharidjites (environ 1million), très minoritaires, sont pour la plupart répartis en Afrique du Nord.

Arabe pas toujours musulman,

musulman pas forcément arabe.

Si l’islam est né en Arabie ; tous les Arabes ne sont pas musulmans. Certains sont notamment juifs ou chrétiens. De même, tous les musulmans ne sont pas arabes. En 2023, la majorité sont en en Indonésie (230 millions de musulmans), premier pays musulman au monde, au Pakistan (203 millions), au Bangladesh (154 millions) et en Inde (195 millions).

Ni « curé »,

Ni « pape » musulman

L’islam n’a pas de chef suprême ou de représentant de Dieu à l’exemple de la religion chrétienne avec le pape et les évêques. Et l’imam n’est pas l’équivalent du curé. Il est choisi par chaque communauté de musulmans, car, selon les textes, c’est « celui qui récite le mieux le Coran ». Seuls les chiites iraniens sont dirigés par un ayatollah.

Musulmans pas seulement : si le fait d’être musulman, tout comme être chrétien ou juif, marque une différence, la croyance religieuse ne suffit pas à définir un individu. C’est une particularité parmi d’autres comme sa nationalité, sa ville ou son quartier d’origine. Observer cette croyance comme un trait d’identité parmi d’autres, c’est faire la preuve que l’islam est devenu une religion comme les autres.

Entre obligations et traditions: La religion musulmane impose des règles. Ce sont des interdits ou des rituels qui font partie de la vie quotidienne et que chacun suit selon sa foi.

Une religion de contraintes ? Si toutes les religions dictent à leurs croyants des préceptes, ceux de l’islam peuvent paraître particulièrement contraignants. En fait, certaines de ces règles sont des obligations qui permettent à chaque musulman de prouver sa foi. Ce sont les cinq piliers de l’islam. D’autres concernent la vie quotidienne et en société (la nourriture, les vêtements, les relations familiales…). Elles sont, comme des traditions culturelles, différemment suivies selon les pays et les croyances de chacun.

Prière obligatoire, pèlerinage facultatif : Tout musulman doit faire sa prière cinq fois par jour selon des gestes précis – debout, courbé, prostré à genoux, tourné vers La Mecque- en récitant par cœur des versets du Coran. Le jeûne du ramadan consiste notamment à ne pas manger ni boire entre le lever et le coucher du soleil pendant un mois, sauf pour les malades, les enfants en bas âge, les femmes enceintes… Et tout comme donner l’aumône dépend des revenus de chacun, le pèlerinage à La Mecque n’est à faire que si le croyant en a les moyens.

Des interdits alimentaires : Comme les juifs, les musulmans ne mangent pas de viande de porc parce que cet animal est considéré comme impur. Les viandes permises – celles de bœuf, de mouton ou de poulet – doivent avoir été vidées de leur sang selon un rituel précis pour être halal, c’est-à-dire autorisées à la consommation. Enfin, l’absorption d’alcool ou de toute drogue est en principe interdite aux musulmans.

Une hygiène du corps : Selon l’islam, tout ce qui « sort » du corps, comme la sueur, le sang, l’urine, les excréments ou le sperme, est considéré comme impur. Une parfaite hygiène est donc très importante. Par exemple, avant sa prière, le croyant fait des ablutions (se lave) pour être propre devant Dieu. Ce souci de la propreté et du corps s’inscrit dans une tradition dont témoignent les hammams.

Des fêtes traditionnelles : Plusieurs fêtes religieuses rythment la vie des musulmans. Les deux plus importantes sont :

  1. l’Aïd el Fitr « petite fête », qui marque la fin de la période de ramadan,
  2. l’Aïd el Kebir « grande fête », la fête du mouton, qui célèbre l’épisode de l’Ancien Testament au cours duquel Dieu accorda à Abraham d’égorger un mouton à la place de son fils unique. 

À chacun sa pratique : Si les règles sont fixes, leur interprétation varie. Par exemple, il arrive qu’un musulman pratiquant mange de la viande qui n’est pas halal. À l’inverse, nombre de musulmans non pratiquants jeûnent pendant le ramadan. Comme le montrent les catholiques non pratiquants qui fêtent Noël. La religion n’est pas seulement une question de croyance mais aussi d’héritage culturel. Lors du ramadan, on ne peut manger qu’après le coucher du soleil.

  • Garçons et filles : mode d’emploi :

À cause d’une interprétation figée et masculine du Coran et par la force des traditions, l’égalité entre les sexes est loin d’être acquise dans les pays musulmans. 

– Une religion machiste ? L’islam a la réputation de maltraiter les femmes. Pourtant, celles-ci ne sont pas moins bien considérées dans le Coran que dans la Bible ou la Torah. Seulement les versets coraniques ont souvent été sortis de leur contexte historique et interprétés dans un sens étroit et rétrograde. Ce n’est pas la religion musulmane en elle-même qui est machiste mais plutôt les hommes qui, par ignorance ou par intérêt, l’utilisent pour justifier leur domination sur les femmes. 

– Quand les femmes sont victimes : Concrètement, dans de nombreux pays musulmans, les femmes, souvent, n’ont pas les mêmes droits que les hommes : elles ne peuvent ni gérer leurs biens, ni divorcer, ni voyager à l’étranger ni même travailler sans l’autorisation de leur père ou de leur mari. Pire, elles peuvent être forcées à se marier ou être tuées si elles trompent leur époux. 

– Des traditions qui ont la vie dure… Ces pratiques barbares sont encore très répandues. Car le travail d’adaptation de l’islam à notre époque est au ralenti. Le faible niveau d’éducation des populations d’un grand nombre de pays musulmans n’aide pas à faire évoluer les mentalités et les traditions. Et pourtant des pays comme le Pakistan, le Bangladesh ou l’Indonésie ont été dirigés par des femmes musulmanes. Et le Maroc, par exemple, a récemment modifié ses lois pour donner plus de droits aux femmes.

– En quête d’égalité : En France, la situation est très différente. Si quelques islamistes tentent de reprendre les images archaïques de la femme soumise, ils sont très minoritaires. En prise avec la vie moderne, et notamment par le biais de l’école, les jeunes filles musulmanes françaises se battent pour changer les mentalités, c’est-à-dire garantir leurs droits à l’égal des hommes. Ce combat, qui réunit au-delà des croyances religieuses, concerne toute la société française.

– Le savais-tu ? Le voile sous toutes ses coutures : Le port du voile islamique (hidjab en arabe) par les jeunes filles à l’école a suscité un débat en France. Faut-il l’autoriser au nom du respect de chacun à vivre sa religion ? Ou bien l’interdire au nom de l’école républicaine qui ne doit pas laisser s’imposer une religion et un signe de soumission de la femme ? Le débat a abouti à une loi qui interdit tout « signe religieux ostensible » à l’école depuis 2004. 

Cent mots pour l’amour : L’islam est l’une des rares religions à parler ouvertement des relations amoureuses et sexuelles entre les garçons et les filles. Un proverbe arabe dit que « si l’islam a 99 noms pour nommer Allah, il en a 100 pour nommer l’amour ».

  • La famille, c’est sacré :

Les liens familiaux sont au cœur de la tradition musulmane. Chacun y trouve sa place, même si les mœurs évoluent au contact de la société française.

– Des rituels obligés : Le mariage est une étape recommandée dans la vie de chaque musulman. Il est une condition nécessaire pour qu’un homme et une femme aient des relations sexuelles et fondent une famille. En principe, le mariage se fait par consentement mutuel entre les deux époux. De même, le droit de divorcer est reconnu à chacun. En principe seulement… Car les mariages forcés tout comme la répudiation des femmes se pratiquent encore dans plusieurs pays musulmans.

– Le poids des traditions… De nombreuses sociétés traditionnelles distinguent clairement le rôle des femmes de celui des hommes. Ces derniers s’occupent de tout ce qui est extérieur à la maison (travail, argent…) et les femmes de tout l’intérieur (vie domestique, éducation des jeunes enfants, mariages…). Seulement ces schémas traditionnels évoluent, notamment parmi les musulmans vivant hors de leur pays d’origine, comme c’est le cas en France. 

…. qui évoluent : Dans les familles musulmanes françaises, l’autorité des parents, notamment celle des pères, est souvent remise en question. Les mères et les filles sous l’influence de la vie moderne revendiquent les mêmes droits que les hommes. Les mariages mixtes sont de plus en plus nombreux. Et quitte à susciter des conflits de générations avec leurs parents, les jeunes couples s’adaptent à l’évolution de la société : ils travaillent tous les deux et assument ensemble les charges de la famille.

Le savais-tu ? Jusqu’à quatre épouses légitimes : Le Coran autorise la polygamie : Un homme peut épouser jusqu’à quatre femmes à condition de pouvoir subvenir à leurs besoins ! Parmi les pays musulmans, seules la Turquie et la Tunisie l’interdisent. En France, cette pratique est interdite par la loi. Se marier avec un musulman ou une musulmane : En principe, une fille non musulmane peut épouser un garçon musulman, à condition qu’elle croie en Dieu, en étant notamment juive ou chrétienne. En revanche, si c’est un garçon non musulman qui veut se marier avec une fille musulmane, il doit obligatoirement se convertir à l’islam. Pourquoi ? Parce que, par tradition, c’est le père qui transmet sa religion aux enfants. Le tabou de l’homosexualité : Comme dans la plupart des religions, l’homosexualité n’est absolument pas reconnue par l’islam. Pire : dans certains pays musulmans, les homosexuels sont emprisonnés et brimés.

– Répudiation : fait de renvoyer son épouse en rompant le mariage en toute légalité et par la seule décision du mari.

L’islam africain

 « Islam noir » était, en 1964, le titre d’un ouvrage publié au Seuil dont les auteurs avaient découvert les sociétés ouest-africaines au temps de la colonisation. Cet « Islam noir », non pas celui de l’Éthiopie, ni du grand commerce esclavagiste de l’océan Indien, c’était celui de l’Afrique de l’Ouest, le Sahel, aujourd’hui le Mali, le Sénégal, le Burkina Faso, le Niger ou le Nigeria… L’opposant à « l’Islam arabe », il y faisait le portrait d’une religion syncrétique (qualifie la fusion de différentes religions) et tolérante, une vision qui s’accorde bien mal avec le déchaînement de violences qui ravagent, depuis une quinzaine d’années, les rives sud du Sahara. 

L’islam se diffuse en effet en Afrique de l’Ouest dès le VIII siècle, via les routes commerciales qui assurent, à travers le Sahara, le transit de l’or et des esclaves. Les souverains africains se convertissent à partir de l’An Mil et, au XIV siècle, la réputation de puissance et de richesse de Mansa Musa, représenté sur l’Atlas catalan tenant un globe d’or dans la main, n’est plus à faire : le sultanat du Mâli est alors l’un des centres les plus dynamiques du monde islamique.

Reste que, dans cet empire stable et puissant, l’islam, comme le rappellent ici François-Xavier Fauvelle et Hadrien Collet, cantonné aux villes, est une religion minoritaire, qui cohabite avec les religions traditionnelles. Le voyageur arabe Ibn Battuta nous a légué une description devenue célèbre d’une fête musulmane où des griots arborent un masque hérissé de plumes et muni d’un bec rouge.

C’est au XIX siècle que la région s’est plus profondément islamisée. Il ne faut pas minimiser, dans la construction humaine et politique du Sahel, l’importance des grands mouvements de djihad qui, s’appuyant sur l’activité des confréries, s’assurèrent par la conquête la domination d’entités politiques immenses. La colonisation a joué son rôle. Camille Lefebvre évoque dans ce dossier la stupéfiante aventure de ces officiers français isolés en terre étrangère qui, cyniques ou médusés, n’ont pas hésité à instrumentaliser les confréries pour coloniser au nom d’Allah (!). Le djihad en Afrique de l’Ouest n’est pas un produit d’importation. 

Ce qui est un produit d’importation, c’est la terreur imposée depuis quinze ans par les desperados libérés par la fin de la guerre civile algérienne, l’éclatement de la Libye post-Kadhafi ou l’écrasement de Daech. Ce cataclysme géopolitique a projeté au Sahel des combattants, des modes d’action et des objectifs qui doivent plus à l’islamisme mondialisé d’Al-Qaida (Aqmi) et au wahhabisme saoudien. Ce qui n’empêche pas ces modernes djihadistes d’instrumentaliser à leur tour le long passé musulman de la région, revendiquant la filiation avec les grands djihads du XIX® siècle.

Loin de la vision d’un « Islam noir » idéalisé au temps de la décolonisation, tout aussi criminel serait d’enraciner le déchaînement de terreur globalisée que subit aujourd’hui la région dans un Islam millénaire complexe et riche. De cette violence les populations du Mali ou du Burkina Faso sont les premières victimes.

Mot clé :  A l’origine, djihad signifie « effort ». Puis, à l’époque des croisades des chrétiens, les musulmans parlent de djihad comme d’un combat pour se défendre. Depuis, les islamistes détournent ce terme en le traduisant en « guerre sainte » contre l’Occident. C’est un contresens car, même dans les versets les plus violents du Coran, la guerre n’est jamais « sainte ». Le mot « djihad » apparait dans 36 versets du Coran, 22 fois comme un effort d’ordre général, 10 fois en référence à la guerre et 3 fois dansune tonalité spirituelle.

Maison Ousmane Sow

Maison Ousmane Sow

« Avec l’irruption de ses Nouba au milieu des années 80, Ousmane Sow replace l’âme au corps de la sculpture, et l’Afrique au coeur de l’Europe ». 

Tout est dit dans ces mots d’Emmanuel Daydé, co-commissaire avec Béatrice Soulé de l’exposition d’Ousamane Sow sur lepont des Arts à Paris. 

Sa carrière d’artiste fut en effet aussi courte que fulgurante. Mais sans doute doit-on à son passé de sculpteur anonyme et secret, dont il détruisit toute trace, l’éclatante maturité artistique dont firent preuve les oeuvres qu’il n’accepta de montrer pour la première fois qu’à l’âge de cinquante ans : les Nouba. Ousmane Sow s’intéressait aux différentes ethnies africaines, notamment les Noubas (une ethnie en voie d’extermination au sud du Soudan), dont les combats de lutteurs, en particulier, le fascinaient.

Elles furent aussitôt reconnues et sont aujourd’hui emblématiques de son travail. Présentés en 1987 au Centre Culturel Français de Dakar, le Nouba assis et le Nouba debout sont exposés dès 1992 à la Documenta de Kassel, et en 1995 à la Biennale de Venise. 

« Aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours sculpté. Je n’ai jamais pensé à en faire un métier, jusqu’au jour où j’ai ressenti une véritable émotion  devant les photos de Leni Riefenstahl représentant les Nouba de Kau. Ce qui m’intéresse chez  ces lutteurs Nouba, c’est que ce sont des gens qui prennent soin de leurs corps, et qui, à un instant de leur vie, courent le risque de se faire défigurer ». Ousmane Sow

Né le 10 octobre 1935 à Dakar (Sénégal), Ousmane Sow réalise ses premières sculptures dès l’école pour s’amuser et sans aucune prétention artistique. Adolescent, il continue à travailler des pierres calcaires qu’il trouve au bord de la plage. À la mort de son père, il débarque en France avec un brevet commercial en poche et exerce plusieurs métiers : polisseur de cuillères, manutentionnaire, garçon de salle dans un hôpital. Bien que ne sculptant plus, mais souhaitant toujours devenir artiste, il rencontre des étudiants des Beaux-Arts alors qu’il suit des études d’infirmier. En 1961, diplômé, il reprend des petits emplois pour pouvoir commencer une formation de kinésithérapeute. De retour au Sénégal en 1965, il monte un service de kinésithérapie à l’hôpital Le Dantec de Dakar et recommence à sculpter pendant ses temps libres.

Il retourne en France, où il exerce son métier, transformant le soir son cabinet en atelier pour construire des petites sculptures en forme de marionnettes articulées. Les années 1970 sont pour lui des années secrètes où il expérimente les matériaux. Rentré définitivement à Dakar en 1978, il va progressivement réduire son activité de kinésithérapeute. À partir de 1989, il se consacre pleinement à la sculpture.

C’est seulement dix ans plus tard qu’il entreprend la création de la série « Petits Nouba », il estime n’avoir pas abouti cette série et souhaite y ajouter de nouveaux thèmes, tels que La Méditation, Le Lutteur à genoux, L’Appel à la lutte. Certains « Petits Nouba » sont restés inachevés

N’ayant que peu de ressources, Ousmane Sow utilise des matériaux économiques pour réaliser ses œuvres. Il met au point un mélange à partir de déchets de matières plastiques que lui fournit une usine voisine. Prenant des armatures de fer à béton, il les enserre de paille de plastique puis de toile de jute qu’il enrobe d’un liant de son invention – mélange d’une vingtaine de produits – longuement conservé, malaxé et macéré pour obtenir un produit maniable, élastique et onctueux résistant aux intempéries. L’ensemble est parfois enveloppé dans un tissu recouvert d’argile qui lui permet de travailler les reliefs musculaires toujours peints.

« Dans la majeure partie de mon travail, je représente les hommes en action, et même  des scènes de violence: des hommes qui luttent, des hommes qui se battent, des hommes qui se mesurent avec les animaux. C’est aussi cela l’Afrique, un champ de luttes et de combats: on lutte pour conquérir la femme qu’on aime, on lutte pour conquérir l’espace, la lutte est  une façon d’exister et de reconnaître l’autre. » Ousmane Sow

Dispersés dans toute l’Afrique-Occidentale, les Peulh dépassent aujourd’hui les sept millions d’individus. Ils se répartissent entre citadins et bergers nomades. En dépit de leur dispersion, les Peulh restent fermement attachés aux valeurs de courage, de dignité, et à un code de conduite appelé “Pulaagu” fondé sur la maîtrise de soi. 

« J’aime raconter des histoires, mais j’aime aussi qu’à leur tour, les personnes inventent leur propre histoire face à ce que je fais.  Au village, c’est  une harmonie qui se crée, c’est l’authentique demeure des Peulh. » Ousmane Sow

En 1999, à Paris, sur le Pont des Arts, entre le Louvre et l’Académie, s’installent en majesté les séries africaines, mais aussi la Bataille de Little Big Horn qui vient de naître. Un acte fort pour la reconnaissance de son oeuvre, mais aussi une fierté pour l’Afrique, ce continent auquel il pense en acceptant la proposition d’entrer sous la Coupole. 

Comment Ousmane Sow aurait-il pu imaginer alors que, quatorze ans plus tard, il traverserait le Quai Conti pour faire son entrée à l’Académie des Beaux-Arts ? Et qu’il serait le premier noir à intégrer cette institution, lui qui fit ses début en sculpture à l’école primaire de Rebeuss, et dont la première oeuvre fut celle d’un petit marin taillé dans du calcaire et exposée sur l’armoire de l’école.

Les Signares

Les Signares

Les signares, étaient les femmes issues de l’union d’un européen en poste au Sénégal (RufisqueGoréeSaint-Louis du Sénégal) avec une africaine.

Le terme est dérivé du (portugais « senhoras », dames (les Portugais furent les premiers européens à fouler l’île de Gorée en 1444) et fut justement employé du XVe au XIXe siècle. Les signares, compagnes des Européens, une fois mariées, ces femmes extrêmement sages, prodiguent à leurs époux les soins les plus tendres, ne sortent jamais sans eux, s’occupent beaucoup du ménage et de leurs enfants. Leur fidélité est à l’épreuve d’une longue absence, elles contribuent à la fortune de leurs maris par leurs connaissances du pays.

Lorsqu’un mari revenu en Europe, écrit à sa femme que ses affaires ne lui permettent plus de retourner en Afrique, elles ne tardent pas à se remarier et les enfants du second mariage ne nuisent pas à ceux du premier. Collectionnant de nombreux noms d’époux, la signare n’est finalement plus désignée que par son nom de jeune fille.

Les commerçants, agents de l’administration, militaires, … envoyés de France laissaient leurs éventuelles épouses en Europe par crainte des nombreux risques sanitaires rencontrés dans la colonie (paludisme, fièvre jaune, choléra, …). Arrivés au Sénégal, certains de ces européens s’unissaient à des africaines pour la durée de leur séjour africain (ce qu’on appela le “mariage à la mode du pays” ) et leurs enfants, métissés, occupèrent rapidement une position sociale enviable dans la colonie. Au retour en France de l’ européen, la « signare » abandonnée jetait souvent son dévolu sur un nouvel arrivant … C’est ainsi que certaines de ces signares épousaient successivement les quatre ou cinq titulaires consécutifs d’une même fonction, devenant ainsi les « femmes de l’emploi ».

Les signares formèrent rapidement une caste puisqu’elles se distinguaient des autres africaines par leur métissage ainsi que par les avantages matériels immédiats procurés par le « mari » que ce dernier abandonnait lors de son retour en Europe (maison, esclaves de case et capital à faire fructifier dans le commerce). Ce système disparut avec l’amélioration des conditions sanitaires qui permirent aux femmes européennes de suivre leur époux au Sénégal.